la pauvreté n’est pas un phénomène unidimensionnel pouvant être résolu de façon sectorielle.C'est d’un problème multidimensionnel qui nécessite des solutions multisectorielles.

Les droits des femmes sont des droits, théoriques ou réels, dont la défense est un objectif afin de parvenir à une société plus égalitaire.

tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable

L’éducation est un droit essentiel, qui permet à chacun de recevoir une instruction et de s’épanouir dans sa vie sociale.

S’il n’y a pas de vie, les autres droits fondamentaux n’ont plus de raison d’exister.Le droit à la vie est un droit universellement reconnu pour tous les êtres humains.

FORUM ALTERNATIF DES CITOYENS-FORAC





Communiqué N°001


Nous citoyens du Burkina Faso comprenant des acteurs de la société civile, des intellectuels, des hommes de médias, des travailleurs, des femmes et des jeunes et vivant à l'intérieur et à l'extérieur après une analyse approfondie de la vie nationale, constatons que notre pays est confronté à d'énormes difficultés au plan politique, judicaire, sécuritaire, social et économique. Ces insuffisances constituent des handicaps à son développement et des menaces sérieuses tendant à hypothéquer l’avenir de ses nombreux filles et fils.

Aussi : :

Considérant les menaces sécuritaires graves caractérisées par une occupation du Sahel burkinabè, occasionnant un drame humain et matériel et appelant une volonté politique ainsi qu'une réponse sécuritaire à la hauteur de la situation,

Considérant les difficultés de la relance économique dont les effets sont dramatiques sur l’existence des entreprises et des ménages,

Considérant les nombreuses décisions sujettes à caution de la justice burkinabé laissant voir une indépendance judiciaire encore de façade
au moment où le besoin de justice, de vérité et de réconciliation manifesté par l'ensemble des citoyens est indispensable à la consolidation de l'unité nationale et la paix,

Considérant le désir ardent d'un renouvellement de la classe politique et conséquemment de celle dirigeante à divers échelons par un personnel plus neuf,



Considérant l'absence d'offre et de vision politique crédibles de la part de la classe politique ; la rareté de propositions, de perspectives et d’alternatives concrètes et innovantes au niveau des acteurs sociopolitiques par rapport à la gouvernance politique,

Considérant la remise en cause d'un certains nombre de valeurs et principes par les gouvernants dans la gestion des affaires publiques laissant libre cours aux contre-valeurs et aux abus,

Considérant le besoin urgent d'un nouveau contrat social tenant compte de la laïcité face aux multiples atteintes à divers niveaux des fondements de la République ainsi que le développement des réflexes identitaires et du communautarisme,

Considérant la baisse de prestige et la faiblesse de la puissance de l'État du Burkina Faso au plan régional et international en matière diplomatique et stratégique,

Convaincus que seule une réelle prise de conscience citoyenne, une organisation conséquente et une participation responsable au débat démocratique national en vue d'apporter des alternatives à tous les niveaux où se situent les enjeux, peut donner l'ultime chance à notre pays de répartir sur des bases nouvelles et solides qui offrent des solutions durables pour le présent et l'avenir,

Tenant compte de la situation nationale en lien avec les contextes passé, présent et nous projetant dans le futur,

Décidons de créer le Forum Alternatif des Citoyens en abrégé FORAC qui se veut être un mouvement citoyen non partisan ouvert à tout patriote désireux de contribuer à l'animation du débat démocratique au Burkina Faso. C’est une structure dont l’ambition est de constituer un foyer d’impulsion d’une vision centrée sur l’alternative nationale.

Nous appelons tous les citoyens Burkinabè, les leaders d’opinion et les démocrates de toutes les catégories sociales sans distinctions aucune à adhérer au FORAC.

Invitons les partenaires et les amis du Burkina Faso à apporter leur soutien aux actions démocratiques du FORAC pour lui permettre d’atteindre ses objectifs.

Il est mis en place des organes provisoires du FORAC chargés de son opérationnalisation par la conduite de certaines activités dont une assemblée générale. Ces organes sont :

I - Un Comité de pilotage composé ainsi qu’il suit :


N°
NOM ET PRENOMS
PROFESSION
PAYS 
1
Evariste Konsimbo
Gestionnaire
Burkina Faso
2
Siaka Coulibaly
Juriste - politologue
Burkina Faso
3
Lookmann Sawadogo
Journaliste
Burkina Faso

4
Laura Souaïbou
Bloggeur- Analyste politique
Burkina Faso

5

Simon Kaboré
Négociant Exclusif/ Représentant Afrique de l’Ouest du FORAC

Côte D’Ivoire

II- Un Directoire composé ainsi qu’il suit : 
N°
NOM ET PRENOMS
PROFESSION
PAYS
6
Dr Daouda Zouré

Economiste- Consultant international

Burkina Faso
7
Bandaogo A. Karim
Diplomate
Burkina Faso
8
Sylvie Ouédraogo
Ingénieur en électronique
Burkina Faso
9
Alain Dabilougou
Journaliste- Communicateur
Burkina Faso
10
Aminata Rachow
Agent de santé/ Cyber-activiste- Représentant Europe du FORAC
Allemagne
11
Abdou Ouédraogo dit Kabila
Informaticien /Cyber-activiste
Burkina Faso
12
Sanou D. Daouda
Ingénieur HQSE- Consultant International/ Représentant Afrique centrale et australe du FORAC
République démocratique du Congo
13
Yaya Sampebogo
Cadre des finances
Burkina Faso
14
Modibo Camara
Technicien supérieur de recherche CNRST
Burkina Faso
15
Sô Ousmane
Sociologue, Leader OSC
Burkina Faso

                                                       Fait à Ouagadougou le 23 mai 2018
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RAPPORT SEMESTRIEL SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME AU BURKINA FASO NOVEMBRE 2016 - AVRIL 2017

Le présent rapport se voudrait un mécanisme de protection des droits de l’homme périodiquement actionné à travers une publication à la fin de chaque semestre d’un état des lieux ou situation des droits de l’homme au Burkina Faso. Cette action s’inspire de bien d’autres mécanismes que l’on retrouve au plan international comme par exemple les organes des traités onusiens qui permettent de renseigner en permanence sur l’état des droits de l’homme et le respect ou les violations des instruments et engagements y relatifs au niveau des Etats. Le rapport consiste à établir un résultat de suivi voire de monitoring sur toute une période avec pour finalité d’alerter, dénoncer et l’interpeller afin de mettre les pouvoirs publics et les acteurs devant leur responsabilité en cas de manquements aux droits de l’homme. Il ne s’agit donc pas d’une évaluation formelle au sens de l’Evaluation périodique universelle EPU qui se tient annuellement à Genève au Conseil des droits de l’homme où les Etats sont soumis à un contrôle de conformité.


Ce rapport est le tout premier que l’ODDH produit avec l’ambition de le rendre permanent avec une fréquence de six mois. Les objectifs de la mise en œuvre d’un tel mécanisme sur les droits de l’homme est de documenter les faits aux fins de l’établissement d’une situation, de constater l’évolution des droits afin de dire s’ils sont respectés, protégés et promus en rapportant les cas de violations qu’elles soient alléguées ou réelles ainsi que les risques et menaces potentiels qui pèseraient sur les droits de l’homme dans le contexte burkinabè.


Et, le but d’un mécanisme comme celui-ci, est de disposer d’un moyen de veille et d’alerte afin de surveiller les acteurs, en première ligne les pouvoirs publics et ensuite les acteurs non étatiques, en interaction avec les droits de l’homme. 

Enfin, le rapport périodique sur la situation des droits de l’Homme au Burkina ainsi mis en œuvre n’a pas d’autre prétention que d’être une modeste contribution à l’action de protection, de promotion et de respect des droits de l’homme en mettant à disposition des informations portant sur les violations, atteintes, manquements et menaces à l’attention des décideurs, la communauté des défenseurs des droits de l’homme internes et externes, les institutions et organismes habilités pour agir sur le terrain. Ce rapport couvre la période allant de novembre 2016 à avril 2017.

Le Burkina Faso est fortement marqué par son passé récent caractérisé par l’insurrection populaire violente d’octobre 2014, la Transition politique et le coup d’Etat de septembre 2015. Un nouveau pouvoir politique celui du président Roch Marc Christian KABORE, à la suite d’élections, s’est installé à la tête de l’Etat depuis décembre 2016. La vie de la société burkinabè est aujourd’hui rythmée par les affaires judiciaires et politiques en même temps qu’une situation sociale et économique morose. Cette conjoncture socio-économique fait subir aux citoyens burkinabè des conditions de vie assez critiques laquelle conjoncture est sanctionnée par un vaste mouvement social et le mécontentement populaire perceptible. L’autorité de l’Etat burkinabè est en baisse inquiétante. Celle-ci est confrontée à sa défiance régulière en relation avec l’incivisme sous toutes ses formes pernicieuses et la rébellion à la loi. L’Etat de droit s’en trouve vulnérabilisé et précarisé par ce fait de la mise à l’épreuve des pouvoirs publics, la conjoncture économique et social aigue et le malaise politico-judiciaire qui caractérisent le pays. 


Au plan formel cependant, le Burkina Faso dispose d’un ensemble de dispositions institutionnelles et législatives qui garantissent l’existence des droits de l’homme à commencer par sa loi fondamentale. En témoigne l’adoption récente par le gouvernement d’un projet de loi sur les défenseurs des droits de l’homme. A l’international, l’Etat Burkinabè est également partie à la presque totalité des instruments internationaux pertinents en matière des droits de l’Homme et la démocratie. Toutefois, l’effectivité des droits de l’homme sur le terrain demeure à la fois un défi et une quête permanente pour lesquels l’action des défenseurs des droits de l’homme demeure encore plus que déterminante et nécessaire. 


Lire le contenu dudit rapport en integralité en telechargeant le document en pdf en cliquant sur le lien suivant:

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COMMUNIQUE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME SUR LES EVENEMENTS TRAGIQUES DE TIALGO

« Une action de dénonciation internationale auprès des mécanismes et instruments des droits de l’Homme et de la justice pénale internationale envisagée »


Dans un communiqué laconique que caricatural relatif aux évènements malheureux de Tialgo, commune rurale de la province du Sanguié à 45 km de Koudougou, le gouvernement du Burkina Faso informait officiellement l’opinion nationale et internationale sur le bilan macabre de 05 personnes tuées et 10 autres blessées à la suite des affrontements entre des koglweogo et les habitants de cette localité.

Jusque là, et ce malgré la visite sur les lieux d’une délégation gouvernementale avec à sa tête le ministre d’Etat en charge de la sécurité, M. Simon Compaoré, ainsi que des autorités judiciaires et sécuritaires, l’on ignore les raisons de ces affrontements que les autorités publiques n’ont pas encore communiqué pour ne s’en tenir qu’au bilan.

Ce n’est qu’à travers la presse, les réseaux sociaux et avec la lettre ouverte adressée au chef de l’État par la population terrorisée de Tialgo qui lance un appel de détresse, que l’on sait un peu plus sur les circonstances du drame qui s’est abattu sur cette dernière. Il s’agît bien encore d’une implication des koglweogo, ce groupe informel dit d’autodéfense qui a pignon sur rue dans la république et detient droit de vie et de mort sur les citoyens qui ont le malheur de tomber entre leurs mains depuis maintenant deux années.

On notera cependant avec stupéfaction que le Gouvernement devant des faits de crimes aussi graves s’est abstenu d’invoquer des suites judiciaires comme on l’attendait en de pareilles circonstances et n’a pas non plus condamner fermement les koglweogo qui sont pourtant clairement identifiés comme étant les premiers responsables du déclenchement de cette tragique situation.

En rappel, ces koglweogo, malgré les dénonciations des défenseurs des droits humains et les démocrates, continuent de commettre des actes répréhensibles constitutifs de violations flagrantes des droits humains. En effet, ces groupes sont auteurs des pires formes d’atrocités sur leurs concitoyens avec des tueries à la clé, ce qui est inacceptable dans un Etat qui se veut de droit et protecteur de la dignité humaine. Ces agissements, tous autant illégaux, ont pour noms : interpellations brutales, bastonnades, brûlures, tortures, ligotage, flagellation, emprisonnement, scènes d’humiliation, versement d’amendes etc. Toutes ces horreurs et exactions sont perpétrées au vu, au su et avec la caution des pouvoirs publics et des autorités nationales sous le prétexte de la lutte contre l’insécurité.

Depuis belle lurette, des alertes ont été lancées par les organisations des droits de l’homme, la presse et les démocrates attachés aux valeurs de la république et à la vraie garantie de sécurité que représentent les forces légales de sécurité. Tous les acteurs ont tiré sur la sonnette d’alarme face au péril koglweogo dont les fortes connotations traditionnelles menacent la cohésion sociale en devenant une source potentielle de conflits de type communautariste. Le palmarès de cette structure qui n’a rien d’une association citoyenne qui prétend faire de la police de proximité est assez sinistre en si peu de temps, et se résume à la commission de nombreux actes crapuleux de crimes de sang, à une défiance totale de l’autorité publique et à l’anarchie.

Avant de causer la mort de 05 personnes et une dizaine de blessés aujourd'hui à Tialgo, les koglweogo sont responsables de nombreux autres crimes graves et punissables pour ce qu’ils constituent des violations des droits de l’homme connaissables des juridictions nationales et internationales. Sur la question des koglweogo, le gouvernement burkinabé a été des plus laxistes, usant d’entourloupes et de faux fuyants pour ne jamais faire prévaloir l’autorité de la loi et de l’État face à cette organisation qui a tout d’une milice qui échappe en réalité à tout contrôle des responsables de l’État burkinabé. Les événements douloureux et horribles de Tialgo rappellent d’autres du genre antérieurs qui sont restés impunis où ni responsabilité, ni culpabilité n’a été située à fortiori sanction et réparation des préjudices subis par les victimes. Dans plusieurs cas, ces groupes, après avoir commis des forfaits connaissables du code pénal, ont défié les magistrats et les forces de l’ordre qui entendaient appliquer la loi et l’autorité de l’Etat. Malgré de telles dérives, leur cause a été entendue devant le parlement burkinabè.

Nous, organisations des droits de l’homme soucieux de la paix, la stabilité, de la cohésion nationale et l’affirmation de l'autorité de l’État sur toute chose, exprimons notre grande inquiétude face à l’existence des koglweogo. En conséquence, nous condamnons avec la dernière énergie cette tuerie du 19 mai 2017 à Tialgo qui marque un franchissement supplémentaire de la ligne rouge par les kolgweogo à qui nous imputons l’entière responsabilité ainsi qu’à leurs soutiens quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent.

L’existence et les activités des koglweogo constituent des violations du droit burkinabè et du droit international dont le Burkina Faso est partie aux multiples instruments. Cette pratique est un anachronisme et ternit l’image du Burkina Faso qui, est en pleine opération de charme pour la mobilisation des ressources pour le PNDES. Les bailleurs de fonds pourront-ils accompagner un Etat qui n’est pas capable de mettre de l’ordre et qui est tolérant de pratiques d’un autre âge ? Que dire des investisseurs privés qui ne s’intéressent à un pays qu’à la condition d’être en sécurité ? En raison de toutes les considérations évoquées plus haut, nous, organisations de défense des droits humains et humanistes :

- Exigeons l’interdiction des koglweogo sur toute l’étendue du territoire, à titre conservatoire, en vue de la prise de dispositions conséquentes conformes à la légalité républicaine,

- Demandons une commission d’enquête indépendante sur les exactions de Tialgo en vue de faire la lumière sur ces évènements tragiques et d’en situer les responsabilités,

- Exigeons la prise en charge des blessés et l’indemnisation intégrale de toutes les victimes par l’État,

- Réclamons l’arrestation et la traduction sans délais devant les juridictions de tous les auteurs et commanditaires proches ou éloignés de ce massacre ignoble,

- Adressons nos condoléances aux familles éplorées, souhaitons prompt rétablissement aux blessés et manifestons une grande compassion à toute la population de Thialgo martyrisée injustement.

En tout état de cause, nos organisations très déterminées suivront l’affaire de près et prennent l’engagement le cas échéant, face à toute complaisance ou indulgence des autorités dans le traitement dudit dossier, d’initier une action de dénonciation internationale auprès des mécanismes et instruments de protection des droits de l’homme ainsi que de la justice pénale internationale, dans les plus brefs délais.

Fait à Ouagadougou le 22 mai 2017

Ont signés: 

-         Réseau des Organisations de la Société Civile pour le Développement (RESOCIDE)
         Siaka COULIBALY
-         Cercle d’Eveil (CEDEV)
Evariste Faustin KONSIMBO

-         Observatoire de la Démocratie et des Droits de l’Homme au Burkina (ODDH)
Lookmann SAWADOGO


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MACA: Le Cercle d’Éveil et l’ODDH en leur qualité de mouvements de protection et de défense des droits de l’Homme exigent que le droit d’accès de monsieur Djibril Bassolé à des soins de santé appropriés lui soit reconnu

Ceci est un communiqué du Cercle d’Eveil (CEDEV) et de l’Observatoire de la démocratie et des droits de l’Homme (ODDH) sur la santé du général Djibrill Bassolé, incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des Armées (MACA) dans le cadre du coup d’Etat manqué de septembre 2015.

La presse nationale et internationale a largement fait cas de l’état de santé délicat de M. Djibril Bassolé incarcéré à la maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) dans le cadre du putsch du 16 septembre 2015. Les informations recueillies sur la place publique assurent d’une dégradation inquiétante de l’état de santé du détenu qui souffrirait depuis longtemps d’un problème du cœur. En rappel, on l’a vu s’écrouler en direct à la télévision lors d’un communiqué officiel avec le ministre turc des affaires étrangères en 2014.

Malgré une période d’hospitalisation récente de 48 heures suite à un malaise cardiaque qu’il a subi le 23 janvier 2017, à la Polyclinique internationale de Ouagadougou, M. Bassolé a été une seconde fois victime d’un autre malaise le 25 février 2017 et fut réadmis en clinique pour des soins.

Des investigations plus poussées nous ont permis de savoir qu’un rapport médical sur l’état de l’électrocardiogramme fourni par le médecin –traitant concernant monsieur Djibril Bassolé exige en urgence des examens approfondis qui ne peuvent se faire au Burkina à cause de l’inexistence d’un centre cardiologique plus outillé pour effectuer lesdits examens indispensables à sa prise en charge sanitaire appropriée.

Il est établi aussi que le cas est officiellement connu auprès de la délégation régionale du comité international de la Croix-Rouge (CICR) sise à Abidjan dont un des médecins en charge des détenus, après avoir constaté les sérieux problèmes de santé du concerné, a eu accès aux informations techniques liées au dossier médical de ce dernier à la suite d’un entretien avec le médecin traitant en date du 17 février 2017.

Il ressort également qu’un contrôle que devait effectuer Monsieur Bassolé dans la clinique de son médecin-traitant le 1er février à 9 heures lui a été refusé par la justice militaire qui a exigé que le médecin- traitant se déplace plutôt à l’infirmerie du camp militaire, malgré le fait que celle-ci n’offre pas tout le plateau technique requis pour y rencontrer son patient afin d’effectuer ledit contrôle.

En outre, à ce jour, six demandes de mise en liberté provisoire ont été rejetées par la justice tandis qu’une septième demande reste sans réponse, alors même que les délais légaux sont dépassés.

Comme conséquence de cette situation, il y a une quasi- impossibilité pour monsieur Djibril Bassolé, en sa qualité de détenu, de bénéficier de soins adéquats pour des motifs que l’on ignore, en totale violation du droit humanitaire et des instruments juridiques pertinents en vigueur.

Pourtant, les exigences et les règles en matière de droits des détenus appellent un respect scrupuleux de la part de ceux en charge de les appliquer. La règle est que la peine d’emprisonnement ne consiste qu’en la privation de liberté de mouvement (aller et venir librement). Aucun autre droit du détenu ne devrait souffrir de la détention. Surtout, ses conditions de détention ne doivent pas être moindres que celles auxquelles il se trouve au moment de son arrestation.

énéficier ou recevoir des soins de santé pendant la détention constituent un droit fondamental de la personne humaine relevant des droits de l’Homme qu’on ne peut réduire, violer ou aliéner de quelque manière que ce soit et pour aucun motif.
La question de la santé du prisonnier en général et celle de monsieur Bassolé en particulier pose avec acuité le principe sacro-saint du droit à la vie et à la dignité humaine dont bénéficie la personne placée en détention.

Face à cette situation beaucoup préoccupante de remise en cause des droits fondamentaux du détenu mettant en danger la vie de monsieur Djibril Bassolé, le Cercle d’Eveil et l’ODDH en leur qualité de mouvements de protection et de défense des droits de l’Homme :
Dénoncent les multiples entraves qui conduisent à la violation flagrante des droits fondamentaux de monsieur Djibril Bassolé notamment celui de pouvoir se soigner de façon appropriée ;

Exigent que le droit d’accès de monsieur Djibril Bassolé à des soins de santé appropriés lui soit reconnu et pleinement respecté et qu’il puisse être autorisé à se soigner dans les conditions jugées favorables par les spécialistes afin de sauvegarder sa vie et toutes ses facultés afin de lui permettre de pouvoir faire face à la justice dans le cadre de son procès ;

Interpellent les autorités de la justice militaire sur leur devoir ainsi que leur responsabilité de veiller sur la santé, la vie et la dignité des personnes détenues à la MACA en les épargnant des mauvais traitements, dégradants ou humiliants ;

Appellent la justice militaire à aller vite au procès sur le putsch en vue de l’établissement de la vérité et la justice sur cette affaire du putsch manqué aux dessous énigmatiques ; de permettre d’alléger la souffrance des victimes qui attendent toujours justice ; de mettre fin à la détention préventive illimitée, qui dure depuis près de 18 mois, des présumés coupables, lesquels multiplient les appels à pouvoir être jugés ;

En tout état de cause, nos deux mouvements se réservent le droit de continuer à suivre de près l’évolution et la gestion des questions récurrentes de santé de Monsieur Bassolé ainsi que de celle de tous les détenus incarcérés dans nos prisons.

Ouagadougou, le 2 mars 2017
Ont signé
Evariste CONSIMBO
Président du Cercle d’Eveil (CEDEV)

Lookmann SAWADOGO
Président de l’Observatoire de la démocratie et des droits de l’Homme (ODDH)
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Emploi des jeunes : défis et solutions


L'emploi qui est une chaîne liant chaque jeune à la vie et à son Etat est aujourd’hui, un défi majeur, autant pour les jeunes que pour la plupart des états africains. En effet, on constate délabrement dans beaucoup de pays africains que le marché du chômage l’a emporté sur celui de l’emploi.

Selon une étude réalisée par l’observatoire national pour l’emploi et la formation professionnelle (ONEF) au Burkina Faso, environ cinquante un pourcent (51%) des jeunes de quinze (15) à vingt-neuf (29) ans étaient sans emploi au Burkina Faso. Quarante-cinq pourcent (45%) des demandeurs d’emploi ayant un niveau secondaire et vingt pourcent (20%) un niveau supérieur.

La portion est amère, pour ainsi décrire la situation dans laquelle se retrouvent les jeunes africains, presque tous tirés, on dirait, par un malheureux sort commun. Ils sont des milliers, les jeunes que les universités déversent sur le marché de l'emploi, un marché où il n'y a presque plus de preneur. Et de l'autre côté, les autorités qui semblent insensibles.

Nous savons tous que lorsqu'un Etat échoue à garantir de l'emploi à ses jeunes, il s'insécurise. Nous ne pouvons plus donc nous étonner que le taux de criminalité est en train d'augmenter dans nos villes, que l'insécurité est en train de grandir dans nos villages et que le nationalisme est en train de mourir chez-nous.

Lors des concours directs de la fonction publique session 2015 au Burkina Faso, des cent eux (102) concours ouverts avec environ dix mille (10 000) postes à pourvoir, on avait plus de six cent soixante-cinq mille (665 000) candidats. Le constat est alarmant ! Les formations n’étant pas en adéquation avec les exigences du marché, les jeunes diplômés ont du mal à s’insérer dans le secteur privé. Ils ne peuvent que se contenter de préparer les concours de la fonction publique quand on sait que l’Etat ne peut prendre tout le monde.

Les jeunes doivent prendre leur avenir en main pour que l’Etat ne soit plus le seul pourvoyeur d’emploi. Ici, le défi pour les jeunes renvoie à la prise de conscience des besoins du pays et des voies honnêtes d'y apporter solution. Les autorités se devant de garantir à la jeunesse un encadrement équitable, équilibré et rigoureux selon les besoins nationaux en penchant vers une vraie réforme du système éducatif qui est généralement fondé sur le ‘’boilo’’ (l’apprentissage par le par cœur). Force est de rappeler que la plupart des systèmes éducatifs africains ne combine pas enseignement théorique et formation dans l’entreprise, entrainant ainsi une inadéquation entre la formation et les besoins du marché du travail.

Nous assistons aussi délabrement aux conditions draconiennes qui entourent la description des postes voulue par les entreprises recruteuses. On exige une expérience de cinq ou dix ans aux jeunes qui viennent fraichement de quitter l’université quand on sait qu’il n’est pas donné à n’importe qui d’obtenir un simple stage de trois mois.

Quelles solutions, face à tous ces défis à relever ? L'Etat ayant le devoir de créer de l'emploi pour ses citoyens doit améliorer son climat des affaires de manière à attirer les investissements locaux et étrangers. C’est-à-dire se préoccuper de la sécurité, des infrastructures et de la corruption. L'éradication de l'insécurité et la corruption et l'amélioration des infrastructures qui vont diversifier les secteurs qui créent de l’emploi.

L’Etat devrait aussi, reformer l'éducation nationale, en ajoutant le cours sur l'entreprenariat aux programmes des cours. Ce cours qui sera capable de transformer un chercheur d'emploi en créateur d'emploi, pas seulement ça, mais aussi en les appuyant par des financements à la création des entreprises. Reformer aussi l'éducation nationale dans le but de répondre aux besoins des entreprises, c’est à dire combiner cours théoriques et formation professionnelle et mettre fin, par ce fait, au système d'importation de la main d'œuvre par les entreprises.

Aussi, fort du constat que la fonction publique, principal pourvoyeur d’emplois pour les jeunes scolarisés, peine à résorber le chômage, l’Etat, aussi bien que les jeunes gagneraient tous en penchant sur le secteur agricole et pastoral, dans lequel des politiques publiques seront mises en œuvre avec des opportunités d’emploi pour les jeunes. Car en effet, ce secteur prépondérant en Afrique n’a pas encore montré toutes ses potentialités en matière de création d’emplois.

L’Etat devrait se pencher aussi sur les technologies de l'information et de la communication (TIC), notamment celui des services informatiques, qui n’occupent pas encore une place importante, dans le tissu économique burkinabè et qui est portés essentiellement par les sous-secteurs de la distribution d’équipements et des télécoms.

Aux entreprises, nous formulons cette doléance de recruter et former car l’exigence des expériences n’est pas une garantie et ne contribue pas à lutter contre le chômage.

Enfin, nous, Africains, gagnerons mieux si nous entreprenons des actions pour donner à l’ensemble des acteurs de notre économie, le pouvoir de produire, de transformer, de vendre et d’acheter. Nous pouvons facilement écouler le pétrole que nous-mêmes nous raffinerons ; le cacao, le coton, les fruits, les légumes et les métaux qu’ici en Afrique nous transformerons.

Que Dieu bénisse l’Afrique.

FIDELE KIENDREBEOGO

lppfidele@gmail.com
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