Des difficultés rencontrées par les étudiants en fin de cycle
Après avoir jubilé à leur succès
au baccalauréat et au fait de pouvoir intégrer cette nouvelle aire qu’on
appelle université qui s’ouvre à eux, la plupart des étudiants réalisent que
l’université est une barrière dont le passage relève du parcours du combattant
où seuls les courageux et les dégourdis peuvent arriver à terme. Bon nombre
déserte le train en cours de route c’est-à-dire qu’ils abandonnent à cause du
calvaire dont ils sont sujets. Ceux qui y demeurent jusqu’aux termes de leurs
études s’invitent aussi de nouveau à la table d’autres difficultés en
l’occurrence le chômage. En effet, certaines filières de formation ne procurent
pas assez d’issues de sortie.
Il convient de signaler aussi que
les frais après la licence deviennent substantiels et un étudiant qui valide sa
licence et qui souhaite poursuivre ses études, s’il ne bénéficie pas de soutien
exogène ne pourra que voir ses ambitions paralysées par des difficultés
financières. Je prends l’exemple sur moi-même car comme dira l’autre, la honte
d’une femme, c’est la honte de toutes les femmes et je n’ignore pas que ce cas
d’espèce est commun chez bon nombre d’étudiants. En effet, titulaire d’une
licence en Anglais, je nourrissais l’espoir de me lancer dans la recherche d’un
master en Traduction et Interprétation, une spécialité du département d’études
anglophones, mais je me suis heurté à un mur de difficultés financières et cela
a réduit à néant cette ambition que je développais en moi. La seule issue qui
reste pour un étudiant de mon genre, c’est de se préparer pour affronter les
concours. Là aussi, c’est l’enseignement qui apparaît comme le principal
concours que l’on puisse postuler avec une licence en Anglais. Il serait donc
souhaitable que d’autres portes de sortie soient développées pour augmenter la
chance des étudiants détenteurs de ce diplôme. Les frais de formation du master
doivent être aussi revus à la baisse pour permettre aux éventuels postulants de
poursuivre sans trop de difficultés. Cela leur permettra de foisonner leurs
chance de réussite.
Rakis
Rapport de la 3e édition du colloque international Africapacités 2016
Le présent rapport est
juste un aperçu du forum international Africapacités, édition de 2016 en
attendant le rapport général établi par la commission qui s’en est chargé. Le
forum international Africapacités 3e édition s’est en effet tenu à Ouagadougou
du 30 juin au 1er juillet 2016 à Pacific Hôtel autour du thème « Veille
citoyenne pour l’imputabilité politique et la redevabilité socio-économique :
la valeur ajoutée des TIC » et a vu la participation d’imminentes personnalités
nationales et internationales. L’atelier s’est ouvert sous la présence de
personnalités de grande responsabilité à savoir entre autre le Secrétaire général de la MATDSI qui d’ailleurs a
prononcé le discours d’ouverture, le Président de l’ASCE/LC, le président du
Conseil National de la Transition, le Président de la CODEL, le Président du
MBDHP, le Représentant de l’Ambassade de Suède pour ne citer que ceux-là. Après
le cérémonial d’ouverture, le forum a été alimenté par les exposés des
différents panelistes dont il faut le rappeler sont suivis de débats et de
contributions sous la direction de modérateurs. Le premier jour a d’abord été
animé par un exposé magistral présenté par l’Africtiviste Cheikh FALL du
Sénégal sous le thème « La Consolidation Démocratique à l’épreuve du Numérique
: Mythes et Valeur ajoutée des TIC comme outil de Redevabilité ». Cet exposé a
mis à nu l’importance sinon la nécessité des TIC dans l’encrage de la
démocratie. Il est suivi par un deuxième panel dont le thème est « TIC et
imputabilité politique : partage d’expériences ». Ce panel a été animé par
Hyacinthe SANOU avec pour sous-thème « Le ‘shadow Government’ de la République
Très Très Démocratique du Grin, miroir démocratique » qui n’est rien d’autre
qu’une parodie du vrai gouvernement dénommé dans cette République du Grin comme
‘République voisine’ ; Issoufou NANA avec « Le référentiel méthodologique de
suivi des Politiques Publiques » et enfin Lydia ZANGA avec « L’expérience
inédite de la CODEL »
Le
deuxième et dernier jour avait pour thème « TIC et Redevabilité
socio-économique : Partage d’expériences » et a vu la présentation de Edith
BROU, Présidente de l’Association des Blogueurs de la Côte d’Ivoire (ABCI) avec
pour sous-thème « Tech-Mousso, Innovation et entreprenariat en RCI » ;
‘Tech-Mousso’ qui serait la fusion entre ‘Technologie’ et ‘Mousso’ qui veut
dire femme en langue Bambara est une ONG réputée dans l’amélioration des
conditions de vie des femmes ivoiriennes. Après cela, suivirent l’exposé de
Charlemagne ABISSI « Faso Médias, Synergie Rural-Urbain » ; Faso Médias qui
serait un ensemble de plusieurs radios travaillant en synergie d’action et
l’exposé de Lombar BARRY portant sur « Droit Libre TV, 100% redevabilité ». La
série de présentation est achevée par « La Session Ouverte Sur La
Capitalisation Des Meilleurs Pratiques : Sécurité des données, Fact-checking et
Passage à l’échelle » de Bouréima SALOUKA. Ainsi vint donc le cérémonial de
clôture couronné par la lecture du Rapport de Synthèse, des remises
d’attestations dénommées Facebook talent décernés à des talents détectés sur
Facebook et aux participants sénégalais et ivoirien et enfin les allocutions de
remerciement du Directeur Pays de Diakonia.
Par
Rakis
BRAS DE FER ENTRE LES GROUPES D’AUTO - DEFENSE ″KOGLWEOGO″ ET LE GOUVERNEMENT, QUI DE MOUSSA THOMBIANO ALIAS DJANGO OU DE SIMON COMPAORE ARRIVERA A DOMPTER L’AUTRE ?

C’est groupes ont fait coulé
beaucoup d’encre et de salive et le pays est divisé entre ceux qui cautionnent
leurs actions d’une autre époque et certains médias étrangers les à surnommé
″les justiciers de la brousse″ et ceux qui soutiennent que dans un état de
droit ces agissements ne pourraient être toléré. Le débat fait rage et ces
groupes continuent de se faire parler.
L’état qui devrait être le garant de la liberté des citoyens joue la politique
de l’Autriche. Il est c'est-à-dire l’état le seul responsable de la naissance
de ces groupes d’auto - défense car n’assurant plus la sécurité des citoyens.
L’état refuse de diagnostiquer ce problème majeur des Koglwéogo et soutient à
travers le Président du Faso qui lors de son bilan de six mois à la tête du pays a souligné que 90% de
la population en campagne soutenait les Koglweto. On se demande alors si la
volonté d’une majorité même si elle met à mal la cohésion et la paix du pays
doit être approuvé par nos dirigeants.
Alors que sur le plan de la lutte contre l’excision
la majorité continue de croire que c’est une bonne chose mais l’Etat n’a jamais
abandonné la lutte contre ce fléau. Par ailleurs, lors d’un débat à
l’hémicycle, le Ministre de la sécurité répondant à une question d’un honorable
député soutenait que celui qui s’amusait politiquement avec les Koglwégo allait
se brûler les doigts.
Jusqu’à présent on ignoré les
sources de financements de ces groupes, on sait qu’ils fonctionnent avec les
amendes des présumés coupables mais ces motos et ces armes d’où proviennent
telles ?
L’état doit prendre le problème à
bras le corps sinon le réveille sera douloureux. Les observateurs avertis ont
souligné la dangerosité à tourner autour du pot concernent ce problème.
La sortie du Ministre de la
sécurité après les élections municipales pour condamner les amendes les
tortures et la séquestration des présumés coupables et la réaction de ces
groupes à montrée qu’ils ne sont pas prêt à arrêter leurs agissements.
Ils ont d’ailleurs obtenu un
soutien de la part d’un ancien gardé de notre armée qui n’est autre que M.
Boukary Kaboré dit le lion qui a été nommé ″chef d’escadron mobile″ pour
poursuivre les braqueurs et les troubleurs de sommeil des Burkinabé. Le lion a
même prévenu que : je cite : « si l’état touche aux Koglweogo, ils vont se
mater ».
Il faut noter que le cas des
Koglwéogo est un sérieux problème mais pour mettre fin à ce spectre, l’état
doit pleinement jouer son rôle en assurant et protégeant les citoyens et les
Koglwéogo disparaitront d’eux même.
Les récents événements de Zongo
ce quartier de la capital où un groupe de Koglwéogo qui y était installé a été
démantelé de force par des jeunes se disant contre leurs agissements prouve que
la société est divisée sur ce problème des Koglwéogo. Les forces de l’ordre ont
intervenu en arrêtant une quarantaine des membres de Koglweogo, les Ministre de
la Sécurité a affirmé que c’est la justice qui a la charge de ce dossier.
Le gouvernement a-t-il pris
conscience du danger que courait la nation lui
qui parlait de recadrer ces groupes et vouloir travailler avec ceux qui
respecteraient les lois de la république.
Ces groupes d’auto-défense ont leurs lois à part entière et non conforme
à l’état de droit.
Hier 28 /06/ 2016, des partisans
de Koglweogo ont barré la route nationale N°1. Ils réclamaient la libération
des Koglwéogo arrêtés à Zongo et la démission du Ministre de la sécurité. Les
forces de l’ordre ont intervenu en dispersant les manifestants par des gaz
l’acrimozènes. On bouclant nos écrits on apprend qu’a Kougoussi des
anti-Koglwéogo se sont pris au Koglwéogo car ils étaient sur le point de
demander des amendes à un individu qu’ils avaient arrêtés. La question qu’on se
pose qui est derrière ces démantèlements
des bases de Koglwéogo ? La mobilisation de Kombrissi des Koglwéogo a
prouvé que ces groupes d’auto - défense ne sont pas prêts à abdiquer.
Le bras de fer se poursuit donc
entre le Ministre de la sécurité et ces groupes d’auto – défense et la victoire
n’a pas encore choisit son camp.
Ce qui est évident c’est que le
Burkina Faso est régit par des lois et tous les citoyens ont intérêt à
respecter cette réglementation en rigueur car respecter la loi qu’on s’est
prescrite est source de liberté.
Les Koglweogo sont une fausse
solution à un vrai problème qu’est l’insécurité au Burkina Faso.
Daouda DERRA
La paix et la liberté

La démocratie, mondialement célébrée, semble avoir la vocation à régler tous les problèmes humains, à assurer le salut sociétal. Ce qui est certain c’est qu’elle est le moins mauvais des systèmes politiques, elle permet l’épanouissement de la liberté même si au fond elle est la dictature du plus grand nombre.
La démocratie est une invention grecque. Plus généralement nous devons aux grecs cet art qu’on nomme politique qui consiste à parvenir à des décisions grâce à la discussion publique puis à obéir à ces décisions comme condition nécessaire pour une existence sociale. Mais la démocratie antique n’a plus rien à voir avec ce qui se déploie de nos jours. D’une démocratie participative nous sommes arrivés à une démocratie représentative dont la faiblesse essentielle peut se résumer en la présence absente ou l’absence présente(les représentants et les représentés).
Pr Pierre G. Nakoulima
Nouveau numéro de votre Journal Cercle d’Eveil
Bilan
de la transition sur fond de règlement de compte.
Depuis un certain temps, pas une semaine ne passe sans que les plus hautes autorités de l’Etat, en l’occurrence M. Roch Marc Christian Kabore ne distille à dose homéopathique dans les médiats des informations tendant à accréditer la thèse d’un « Zidagate », du nom de l’ancien Premier Ministre sous transition. Depuis lors, nous ne cessons de nous interroger sur l’utilité et la pertinence de ces sorties tonitruantes aux contenus plats et vide destinés aux simples d’esprit. Sur la pertinence de ces accusions ciblées (nous savons de sources bien introduites que des cas de malversations graves et sérieuses pèsent sur des barons de l’ancien régime), mais de cela , point un mot du Président Kabore , ce qui nous conduit à penser que le Président nous sert des demis vérités.
Par rapport à l’utilité de ces « vrais fausses sorties », nous, nous posons également des questions. En effet, tout un chacun sais que l’aura de la transition à dépassé les frontière de notre cher pays et reçue positivement l’onction de la communauté régionale, sous- régionale, et internationale. Dans ces conditions, venir fouiner dans les « cuisines » de cette transition quand bien même nous savons qu’elle n’est pas exempte d’irrégularités, c’est franchement chercher des poux sur un crâne rasé comme on dit.
Cette suspicion ciblée, qui semble s’apparenter à de l’acharnement à fini par d’une part jeter le discrédit sur le pays et créer un sentiment de compassion à la limite de la sympathie pour l’ex premier Ministre qui passe aux yeux de l’opinion pour une victime.
Ce qui exaspère dans cette histoire, est le sentiment que l’objectif recherché est purement communicationnelle et non d’engager véritablement des poursuites judiciaires à l’endroit des mis en causes, d’où la question de savoir ce que le Chef de l’Etat veut réellement à travers ce genre de communication ? Neutraliser un ex future adversaire ou distraire les simples d’esprit qui sont friands d’histoire creuses ?
Nous sommes convaincus, que le Chef de l’Etat élu sur la base d’un programme sensé améliorer le quotidien des millions de burkinabè, à autre chose à faire que de passer son temps à les divertir. Il est grand temps que celui-ci déroule le plan d’action de son quinquennat et surtout qu’il commence à le réaliser.
Par rapport à l’utilité de ces « vrais fausses sorties », nous, nous posons également des questions. En effet, tout un chacun sais que l’aura de la transition à dépassé les frontière de notre cher pays et reçue positivement l’onction de la communauté régionale, sous- régionale, et internationale. Dans ces conditions, venir fouiner dans les « cuisines » de cette transition quand bien même nous savons qu’elle n’est pas exempte d’irrégularités, c’est franchement chercher des poux sur un crâne rasé comme on dit.
Cette suspicion ciblée, qui semble s’apparenter à de l’acharnement à fini par d’une part jeter le discrédit sur le pays et créer un sentiment de compassion à la limite de la sympathie pour l’ex premier Ministre qui passe aux yeux de l’opinion pour une victime.
Ce qui exaspère dans cette histoire, est le sentiment que l’objectif recherché est purement communicationnelle et non d’engager véritablement des poursuites judiciaires à l’endroit des mis en causes, d’où la question de savoir ce que le Chef de l’Etat veut réellement à travers ce genre de communication ? Neutraliser un ex future adversaire ou distraire les simples d’esprit qui sont friands d’histoire creuses ?
Nous sommes convaincus, que le Chef de l’Etat élu sur la base d’un programme sensé améliorer le quotidien des millions de burkinabè, à autre chose à faire que de passer son temps à les divertir. Il est grand temps que celui-ci déroule le plan d’action de son quinquennat et surtout qu’il commence à le réaliser.
Evariste Faustin Konsimbo
Directeur de publication
A télécharger en suivant ce lien: CEDEV Juillet-Août 2016
Directeur de publication
A télécharger en suivant ce lien: CEDEV Juillet-Août 2016
Déclaration des Organisations de la société civile (OSC) sur le projet d’aménagement de la Rocade Sud –Est du boulevard des Tansoba à Ouagadougou (sur un itinéraire de 6,5km)
La
conférence de presse de ce jour porte sur la réfection du boulevard circulaire
impliquant des décisions inappropriées prises par le gouvernement.
Une décision du ministre des infrastructures sur le financement de la réfection du boulevard circulaire (longue de 6,5 km) est caractéristique de la mauvaise gestion et nécessite une dénonciation et une interpellation de la part de la société civile qui veille sur les finances publiques.
Nous estimons que cette affaire est assez grave et surtout en déphasage avec les espoirs suscités depuis l’avènement du Burkina nouveau ,nouveau, chèrement payé au prix de multiples vies humaines et de sang versé des burkinabè épris de justice sociale.
La décision est encore rattrapable, ce qui nous amène à interpeller le Président du Faso afin qu’il l’arrête purement et simplement dans l’intérêt supérieur du Peuple burkinabè qu’il a juré de servir loyalement.
Courant 2015, le gouvernement Japonais a fait un don au Burkina Faso d’un montant de 22 milliards de FCFA, destiné à la réfection du tronçon de 6,5 kms du Boulevard des Tansoba, connu sous l’appellation de Boulevard Circulaire situé entre l’échangeur de l’est et celui de Ouaga 2000.
Toutes les études de faisabilité ont été réalisées, à savoir :
-topographiques ;
-géotechniques ;
-déplacement des réseaux (ONATEL, ONEA, SONABEL etc.);
- d’impact social et environnemental.
Ces diverses études ont été financées à hauteur d’environ 500 millions de FCFA, sont actuellement au stade de validation.
il nous est revenu que lors de la rencontre sur l’étude préparatoire du projet
tenue du 7 février au 27 mars 2016 la partie burkinabè, donc le Ministère des
Infrastructures, prétextant de ce que la procédure de financement Japonaise
étant longue (selon les principes du système de coopération financière non
remboursable du Japon, le dossier devra être bouclé fin 2017), a demandé à la
partie Japonaise de
réaffecter le financement du projet pour l’aménagement de
Rocade Sud –Est du Boulevard des Tansoba à d’autres tronçon notamment :
-la section de la rocade nord ;
-voie parallèle à la rocade Sud-Est ;
-tronçon RN 6 allant de l’Hôtel Palace jusqu’à l’hôpital Blaise Compaoré ;
-tronçon allant du rond-point du 2 Octobre jusqu’au marché de Baskuy ;
-embranchement Avenue de la liberté/ Avenue Kumda Yooré ;
-route de Karpala.
En ce qui concerne le projet initial dont la réalisation était assuré gratuitement par le gouvernement japonais (l’aménagement de Rocade Sud –Est du Boulevard des Tansoba), le gouvernement Burkinabè, aurait engagé une procédure de prêt d’un montant de 20 milliards de FCFA auprès de la Banque ouest africaine de développement (BOAD).
Un accord de prêt à cet effet aurait été signé le 24 juin 2016 à Lomé entre le gouvernement burkinabè et la BOAD portant sur un aménagement partiel et non total du boulevard.
Il est évident que la requête gouvernementale de réaffectation du don vers d’autres projets par ailleurs jugée inopportune par la partie japonaise sera sans doute annulée, car selon les procédures portant sur les dons au japon, cette somme objet d’un accord gouvernemental, ne peut plus être réaffectées à d’autres projets.
En clair, si le gouvernement burkinabè introduit une demande de réaffectation du don pour la réalisation d’autres projets, le gouvernement japonais n’aura d’autre choix que d’annuler le don de 22 milliards.
La question essentielle pour nous est de savoir quel est l’intérêt d’un pays comme le Burkina Faso, déjà fortement endetté et pauvre, de refuser un don pour s’endetter ?
Le gouvernement burkinabè, à travers sa décision, a-t-il évalué les implications en matière de coopération future entre le Japon et le Burkina Faso ? Les pertes en termes d’opportunités de financement du développement de la part du Japon ont-elles été suffisamment calculées avant la prise de la décision du ministère des infrastructures ?
En tout état de cause, nous estimons que la décision du prêt BOAD, en plus d’être un très mauvais choix sur tous les plans pour le pays, vraisemblablement, n’a aucune chance d’être débloqué avant fin 2016, eu égard aux procédures en matière de financement au niveau des institutions financières.
Aussi, nous appelons le Chef de l’Etat à instruire instamment son gouvernement en particulier, le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement et celui des infrastructures, d’arrêter immédiatement la procédure en cours de prêt BOAD pour la réalisation d’un projet dont le financement est acquis par don, donc gratuitement offert, et de reprendre les négociations avec le gouvernement Japonais avant que celui-ci, ne décide d’annuler le don octroyé au Peuple burkinabè. Au demeurant, si la procédure de prêt doit continuer , il convient de la réorienter vers la réhabilitation des autres tronçons ci-dessus évoqués.
Une décision du ministre des infrastructures sur le financement de la réfection du boulevard circulaire (longue de 6,5 km) est caractéristique de la mauvaise gestion et nécessite une dénonciation et une interpellation de la part de la société civile qui veille sur les finances publiques.
Nous estimons que cette affaire est assez grave et surtout en déphasage avec les espoirs suscités depuis l’avènement du Burkina nouveau ,nouveau, chèrement payé au prix de multiples vies humaines et de sang versé des burkinabè épris de justice sociale.
La décision est encore rattrapable, ce qui nous amène à interpeller le Président du Faso afin qu’il l’arrête purement et simplement dans l’intérêt supérieur du Peuple burkinabè qu’il a juré de servir loyalement.
Courant 2015, le gouvernement Japonais a fait un don au Burkina Faso d’un montant de 22 milliards de FCFA, destiné à la réfection du tronçon de 6,5 kms du Boulevard des Tansoba, connu sous l’appellation de Boulevard Circulaire situé entre l’échangeur de l’est et celui de Ouaga 2000.
Toutes les études de faisabilité ont été réalisées, à savoir :
-topographiques ;
-géotechniques ;
-déplacement des réseaux (ONATEL, ONEA, SONABEL etc.);
- d’impact social et environnemental.
Ces diverses études ont été financées à hauteur d’environ 500 millions de FCFA, sont actuellement au stade de validation.
-la section de la rocade nord ;
-voie parallèle à la rocade Sud-Est ;
-tronçon RN 6 allant de l’Hôtel Palace jusqu’à l’hôpital Blaise Compaoré ;
-tronçon allant du rond-point du 2 Octobre jusqu’au marché de Baskuy ;
-embranchement Avenue de la liberté/ Avenue Kumda Yooré ;
-route de Karpala.
En ce qui concerne le projet initial dont la réalisation était assuré gratuitement par le gouvernement japonais (l’aménagement de Rocade Sud –Est du Boulevard des Tansoba), le gouvernement Burkinabè, aurait engagé une procédure de prêt d’un montant de 20 milliards de FCFA auprès de la Banque ouest africaine de développement (BOAD).
Un accord de prêt à cet effet aurait été signé le 24 juin 2016 à Lomé entre le gouvernement burkinabè et la BOAD portant sur un aménagement partiel et non total du boulevard.
Il est évident que la requête gouvernementale de réaffectation du don vers d’autres projets par ailleurs jugée inopportune par la partie japonaise sera sans doute annulée, car selon les procédures portant sur les dons au japon, cette somme objet d’un accord gouvernemental, ne peut plus être réaffectées à d’autres projets.
En clair, si le gouvernement burkinabè introduit une demande de réaffectation du don pour la réalisation d’autres projets, le gouvernement japonais n’aura d’autre choix que d’annuler le don de 22 milliards.
La question essentielle pour nous est de savoir quel est l’intérêt d’un pays comme le Burkina Faso, déjà fortement endetté et pauvre, de refuser un don pour s’endetter ?
Le gouvernement burkinabè, à travers sa décision, a-t-il évalué les implications en matière de coopération future entre le Japon et le Burkina Faso ? Les pertes en termes d’opportunités de financement du développement de la part du Japon ont-elles été suffisamment calculées avant la prise de la décision du ministère des infrastructures ?
En tout état de cause, nous estimons que la décision du prêt BOAD, en plus d’être un très mauvais choix sur tous les plans pour le pays, vraisemblablement, n’a aucune chance d’être débloqué avant fin 2016, eu égard aux procédures en matière de financement au niveau des institutions financières.
Aussi, nous appelons le Chef de l’Etat à instruire instamment son gouvernement en particulier, le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement et celui des infrastructures, d’arrêter immédiatement la procédure en cours de prêt BOAD pour la réalisation d’un projet dont le financement est acquis par don, donc gratuitement offert, et de reprendre les négociations avec le gouvernement Japonais avant que celui-ci, ne décide d’annuler le don octroyé au Peuple burkinabè. Au demeurant, si la procédure de prêt doit continuer , il convient de la réorienter vers la réhabilitation des autres tronçons ci-dessus évoqués.
Ouagadougou, le 7 juillet 2016
Ont signé
Pour le Réseau des Organisations de la Société Civile pour le Développement (RESOCIDE) : Siaka COULIBALY
Pour l’Association Cercle D’éveil (CEDEV) :
Evariste Faustin KONSIMBO
SITUATION NATIONALE:Déclaration conférence de presse du 03 juin 2016 Cercle d’Eveil (CEDEV) et Réseau des Organisations de la société Civile pour le développement
La vie d’une nation dépend des facteurs endogènes et exogènes. Le Burkina Faso ne saurait échapper à cette sorte de ‘’loi’’ ou de ‘’diktat’’ qui régente, aussi longtemps, aussi profondément, aussi positivement ou négativement qu’ils existent, la vie des populations.
Ces facteurs qui influent sur l’évolution socio-économique d’une nation sont soit des faits de l’homme ou naturels et conditionnent la vie. Au Burkina Faso, depuis déjà près d’une dizaine
d’années, plusieurs sortes de gangrènes sociales sont apparues, mettant à rude épreuve l’autorité de l’Etat.
L’INCIVISME
L’incivisme, véhiculé aussi bien par la jeunesse que par la population en général, annihile à de forts degrés, l’autorité de l’Etat et ses efforts en matière de réalisations socio-économiques. Cet esprit de mauvaise citoyenneté a gagné le champ économique, occasionnant ainsi d’énormes manques à gagner en termes de ressources financières pour l’Etat.Il se manifeste par la remise en cause de tout ce qui peut représenter une autorité (de la contestation des décisions gouvernementales aux commissariats et gendarmerie que l’on brule en passant par la violence contre des enseignant par leurs élèves) et l’incivisme économique (fraudes fiscales et douanières).
L’INSECURITE
L’Insécurité, après s’être pernicieusement installée chez nous, est en passe de devenir un phénomène normal. Partout, elle se signale avec toujours des dégâts, des pertes financières et humaines. Dans une telle atmosphère, il est certain que la quiétude, propice au travail et à l’investissement aussi bien interne qu’extérieur, ne sera pas au rendez-vous. La conséquence directe sera qu’un des volets à la coopération qu’est l’investissement, tardera à s’annoncer ou se repliera s’il n’était déjà là. De cette insécurité générale, il faut accorder une attention particulière à un de ses aspects nouveaux mais réels, à savoir la menace terroriste qui, même si elle constitue une forme d’insécurité, mérite un traitement particulier.
LA MENACE TERRORISTE
Les attaques terroristes que le pays a enregistrées en janvier 2016 et qui continuent par des attaques de commissariats et de gendarmerie aux frontières, ne sont pas de nature à encourager les investisseurs qui ont besoin d’être rassurés avant d’entreprendre quoi que ce soit au pays des hommes intègres. Il faut donc accepter que là où l’insécurité élit domicile, le développement répond «absent ». Aussi, faut-il vite travailler à revoir les choses pour qu’une habitude de « pays peu fréquentable » ne germe dans les esprits des investisseurs. Le gouvernement doit présenter le plus rapidement possible un plan général de sécurisation du pays indiquant les mesures indispensables à une sécurité minimum des populations et des institutions. Plus aucun agent de sécurité ne doit succomber sous les balles terroristes. Il y va de la crédibilité du Président du Faso, qui est en même temps ministre de la défense.
LA REMISE EN CAUSE DES ACQUIS DE L’INSURECTION
Le Burkina Faso a vécu l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, entre autre parce que les populations vivaient dans une situation où la justice sociale avait du plomb dans l’aile. Si la transition avec les tares qu’on lui connait a entrepris des réformes pour y remédier, l’action gouvernementale du pouvoir issu des élections mettant fin à la transition ne rassure pas. Certes des mesures sociales sont prises mais qui ne touchent pas l’ensemble des Burkinabè. Il y a eu la revalorisation salariale, l’annonce de recrutement de jeune même de façon temporaire, mais quelles mesures prend-t-on pour la grande masse, les populations rurales et paysannes, que fait-on pour une meilleure redistribution des maigres richesses, que fait-on pour améliorer le panier de la ménagère ?
L’injustice sociale et économique qui existait avant l’insurrection, n’a pas été corrigée par la transition et se manifeste de plus belle sous le nouveau régime. Le sens véritable du soulèvement populaire d’octobre 2014, c’est l’équité sociale et politique et la rupture d’avec les pratiques de l’ancien régime. Il ne s’agit pas seulement de changer les individus de place et de continuer comme par le passé. Le nouveau régime est appelé à cesser la gestion sectaire et patrimoniale des affaires publiques et à désigner des responsables aux différents postes qui sont au dessus de tout soupçon.
L’INDEPENDANCE DE LA JUSTICE
Avec les Etats généraux de la justice qui se sont tenus en 2015, de grandes décisions la concernant ont été prises parmi lesquelles on note l’apologie de son indépendance. En ligne de force, il a été décidé que désormais, le Président du Faso n’est plus le Président du conseil supérieur de la magistrature. Jusque-là, il faut souligner que du fait que le Président du Faso soit le Président du conseil supérieur de la magistrature, on suspectait les juges et tout l’appareil judiciaire d’être dépendant de l’exécutif, et que son indépendance n’était que théorique. Il aurait donc fallu procéder à cette opération pour rendre la justice indépendante. Mais, faut-il seulement décider ou légiférer pour rendre les choses telles qu’elles doivent l’être ?
L’indépendance de la justice est sur du papier ; il faut absolument, pour qu’elle soit une réalité, que chacun joue sa partition : le politique, le juge et le justiciable. Sinon, on a beau claironner, on restera encore pendant longtemps dans une situation oὐ la justice risque encore de se retrouver remorquée par le politique qui n’en aurait cure.
Dans notre pays en proie aux maux sociaux multiples, il faut bien une thérapie de choc pour le sauver. Le pays va mal et il est urgent d’agir. Maintenant que les institutions sont en place, le gouvernement doit aller à pas double dans les réformes et les mesures pour résorber le déficit économique et social.
LA REFORME DE LA CONSTITUTION
L’ambition de changer le cadre juridique de la gouvernance politique à travers une nouvelle constitution a été largement partagée par les burkinabè. En particulier après le soulèvement populaire du 30 octobre 2014, la voie d’une constitution renouvelée était ouverte sous la transition.Le passage à la cinquième république souhaité n’a pas été effectuée pendant la transition et aujourd’hui le pouvoir en place entend combler ce désir des burkinabè. Le processus de révision constitutionnelle comporte cependant quelques inconnues qui pourraient entacher son caractère démocratique. L’une des éventualités les plus fortes de la révision est l’adoption du modèle parlementaire. Cette proposition, fortement voulue par certains hommes politiques, si elle n’est pas suffisamment appropriée par les burkinabè, pourrait aggraver le divorce entre les citoyens et les institutions républicaines.
Les burkinabè ont déjà envoyé un signal fort au parti au pouvoir lors des dernières élections municipales du 22 mai 2016. Les autorités sont appelées à éviter le passage en force et privilégions le dialogue ouvert qui va nettoyer le passif du Burkina Faso.
Fait à Ouagadougou , le 03 juin 2016
Le Cercle d’Eveil et le RESOCIDE